NORME D'ESSAI

Raideur des étoffes en porte-à-faux (ASTM D1388) : longueur de flexion, rigidité à la flexion et erreurs habituelles

28 octobre 2026 · 5 min de lecture

La raideur est l'une des propriétés qu'un acheteur ressent avant de lire le moindre rapport. « Trop cartonné », « trop mou », « pas comme l'échantillon approuvé » — ces réclamations viennent du toucher, et l'essai en porte-à-faux est le moyen objectif le plus simple de les chiffrer.

L'instrument n'a ni moteur ni électronique : une plateforme horizontale, un plan incliné à angle fixe et une échelle. Cette simplicité explique aussi pourquoi l'essai est souvent réalisé sans soin.

Le principe

Une bande d'étoffe est glissée lentement au-delà du bord d'une plateforme horizontale. À mesure que le porte-à-faux augmente, elle fléchit sous son propre poids. Lorsque l'extrémité touche une ligne inclinée à 41,5° sous l'horizontale, on lit la longueur en porte-à-faux.

À partir de ce porte-à-faux, l'ASTM D1388 calcule :

L'angle de 41,5° n'est pas arbitraire ; c'est l'angle pour lequel le porte-à-faux est lié à la longueur de flexion par ce simple facteur deux.

L'ASTM D1388 comporte deux options : l'Option A, l'essai en porte-à-faux, et l'Option B, l'essai de la boucle en cœur, dans lequel une bande est formée en boucle et suspendue verticalement. L'édition en vigueur est l'ASTM D1388-23. Le même principe du porte-à-faux figure dans la BS 3356 pour les étoffes en général, dans l'ISO 9073-7 pour les nontissés et dans l'ISO 4604 pour les tissus de renfort.

Erreur 1 : manipuler l'éprouvette

La bande d'éprouvette — typiquement 25 mm × 200 mm selon la D1388 — doit être manipulée le moins possible. Les doigts réchauffent et froissent légèrement l'étoffe ; rouler ou plier une bande pour la transporter lui donne un pli qui se traduit par une longueur de flexion plus courte ou plus longue.

Découpez les éprouvettes avec un gabarit, saisissez-les par l'extrême bout et posez-les à plat sur la plateforme sans appuyer.

Erreur 2 : étoffes qui s'enroulent et se vrillent

Les mailles et certains tissus légers s'enroulent sur les bords ou se vrillent en porte-à-faux. Un bord enroulé raidit artificiellement la bande ; une bande qui se vrille ne rencontre jamais nettement la ligne inclinée.

Si une éprouvette s'enroule ou se vrille au point que l'extrémité ne peut être jugée, l'option porte-à-faux n'est pas le bon outil. L'option B, la boucle en cœur, est destinée aux étoffes trop molles ou qui s'enroulent trop pour le porte-à-faux. Indiquez l'option utilisée.

Erreur 3 : lire la ligne d'angle

L'opérateur juge à l'œil le moment où l'extrémité de l'étoffe rencontre la ligne à 41,5°. Regarder au-dessus ou au-dessous du plan de la ligne — la parallaxe — décale la lecture. Des hauteurs d'observation différentes expliquent une bonne part de l'écart entre deux opérateurs sur la même éprouvette.

Erreur 4 : une seule lecture par éprouvette

Le comportement en flexion diffère entre l'endroit et l'envers d'une étoffe et entre les deux extrémités d'une bande. Les méthodes en porte-à-faux prennent donc des lectures aux deux extrémités et sur les deux faces de chaque éprouvette. Respectez le nombre de lectures indiqué par la norme et faites-en la moyenne ; une seule lecture par éprouvette donne une valeur apparemment précise mais biaisée.

Les sens chaîne et trame sont essayés séparément et ne doivent pas être moyennés ensemble. La plupart des tissus sont nettement plus raides dans un sens.

Erreur 5 : les unités de la rigidité à la flexion

Comme la rigidité utilise le cube de la longueur de flexion, de petites erreurs d'unité deviennent de grosses erreurs. Si la masse surfacique est en g/m² et la longueur de flexion en mm, la rigidité sort dans une unité différente du mg·cm courant. Convertissez soigneusement, indiquez l'unité dans le rapport et conservez le calcul dans un tableur unique maîtrisé plutôt que de le recréer à chaque fois.

La rigidité nécessite aussi une masse surfacique fiable — mesurez-la sur la même étoffe, et non d'après la fiche de commande.

Le porte-à-faux n'est pas la flexion circulaire

Une autre famille d'essais de raideur pousse une éprouvette pliée à travers un orifice au moyen d'un piston et enregistre la force maximale — la méthode de flexion circulaire, comme dans l'ASTM D4032. Elle mesure une raideur multidirectionnelle en unités de force. C'est un essai utile, mais son résultat n'est pas convertible en longueur de flexion. Si une spécification fixe une limite de raideur, vérifiez sur quel principe elle repose avant de choisir l'instrument.

Conditionnement

La raideur varie avec l'humidité, parfois fortement : les apprêts et les encollages s'assouplissent en air humide. Conditionnez les éprouvettes selon l'ISO 139 et effectuez l'essai dans la même atmosphère.

Avant de rédiger le rapport

  1. Option A (porte-à-faux) ou option B (boucle en cœur) ?
  2. Éprouvettes découpées au gabarit et manipulées uniquement par les extrémités ?
  3. Enroulement ou vrillage vérifié — l'option porte-à-faux est-elle toujours valable ?
  4. Œil au niveau de la plateforme, avance lente et régulière, pas de courants d'air ?
  5. Lecture aux deux extrémités et sur les deux faces, chaîne et trame séparément ?
  6. Unités de rigidité indiquées ; masse surfacique mesurée sur la même étoffe ?
  7. Éprouvettes conditionnées selon l'ISO 139 ?

Notre appareil manuel de raideur en porte-à-faux utilise un plan incliné fixe à 41,5° avec une échelle au mm et donne la longueur de flexion, la rigidité à la flexion et le module de flexion par simple calcul. Il est fabriqué dans notre propre atelier d'Istanbul.

Cenk YILMAZ
TLI-TexLabInstruments

Instruments TexLab utilisés pour cet essai

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